Un matin au Sankei-en, en famille
Chaque hiver, je retrouve ma famille à Yokohama. Ces séjours sont l’occasion de partager des moments ensemble, mais aussi de découvrir ou de redécouvrir certains lieux de la ville. Cette fois-ci, nous sommes allés au Sankei-en pour assister à une préparation du matcha réalisée par mon beau-père.
Je garde de cette matinée le souvenir d’un moment calme, dans un jardin japonais dont la beauté accompagne naturellement la découverte de cette tradition. Ce n’était pas seulement une visite du Sankei-en, mais aussi l’occasion d’observer de près un geste que je n’avais encore jamais pris le temps de regarder attentivement.
Le Sankei-en, un jardin japonais à Yokohama
Le Sankei-en est un grand jardin traditionnel situé à Yokohama. On y découvre un paysage composé d’arbres, de chemins, d’un petit lac et de bâtiments à l’architecture japonaise traditionnelle.
Ce qui m’a marqué, c’est avant tout la beauté du jardin. Les arbres, l’eau et la présence des oiseaux composent un ensemble dans lequel on prend naturellement le temps de regarder autour de soi.
Le Sankei-en offre une autre facette de Yokohama. La ville est souvent associée à son port, à ses quartiers modernes et à son activité urbaine. Le jardin permet de découvrir un environnement différent, où le paysage occupe une place centrale.
Lors de cette matinée d’hiver, j’ai apprécié cette atmosphère calme et contemplative. Le jardin constituait un cadre particulièrement agréable pour le moment que nous étions venus partager.
Nous n’étions pas là uniquement pour nous promener. La raison principale de notre visite était la préparation du matcha par mon beau-père.
Une préparation du matcha en plein jardin
La cérémonie s’est déroulée à l’extérieur, dans le jardin du Sankei-en.
J’ai principalement observé mon beau-père préparer le thé. Je n’étais pas là pour réaliser moi-même les gestes de la cérémonie, mais pour regarder comment il procédait et découvrir cette préparation de plus près.
Je connaissais le matcha, mais observer concrètement sa préparation est une expérience différente de celle qui consiste simplement à en boire une tasse. On prête attention aux ustensiles, à leur disposition et à la manière dont ils sont utilisés.
Le bol à matcha, la cuillère en bambou et le fouet font partie de ces objets qui interviennent dans la préparation. Chacun a sa fonction, et c’est en regardant la personne qui les utilise que l’on peut commencer à comprendre leur place dans le rituel.
Ce moment avait aussi une dimension familiale particulière. C’était mon beau-père qui préparait le thé, et j’avais ainsi l’occasion d’observer une tradition japonaise pratiquée par un membre de ma propre famille.
Je n’ai pas retenu de paroles ou d’explications particulières pendant cette préparation. Mon souvenir est surtout celui d’une observation attentive, dans le cadre paisible du jardin.
Le chasen, un petit objet qui demande de la précision
Parmi les ustensiles utilisés, mon attention s’est portée sur le chasen, le fouet traditionnel en bambou qui sert à préparer le matcha.
C’est probablement le geste de mon beau-père qui m’a le plus marqué. Je regardais la précision avec laquelle il manipulait le fouet, sans pour autant être capable de décrire aujourd’hui la forme exacte de ses mouvements.
C’était la première fois que j’observais cette préparation de près. Jusque-là, le chasen pouvait simplement être considéré comme un accessoire destiné à mélanger le thé. En le voyant utilisé, j’ai davantage prêté attention à la manière dont cet objet intervient dans la préparation.
Le chasen est constitué de fines lamelles de bambou qui permettent de mélanger la poudre de matcha à l'eau et d’obtenir une préparation homogène, généralement surmontée d’une mousse fine.
Sa forme est étroitement liée à son usage. Contrairement à une cuillère ordinaire, il est conçu pour être manié dans le bol afin de mélanger le thé efficacement.
J’ai consacré un article distinct à cet ustensile, à sa fonction et à son utilisation dans la préparation du matcha. Ici, je souhaitais plutôt revenir sur le souvenir de ce geste observé au Sankei-en, dans un contexte familial.
Il n’y a pas eu de leçon particulière ni d’explication technique que je pourrais rapporter. Il reste cette image : celle de mon beau-père préparant le thé, et de moi prenant le temps de regarder attentivement ce qu’il faisait.
Ce que je retiens de cette matinée
Je retrouve ma famille à Yokohama chaque hiver, et ce sont aussi ces moments partagés qui donnent leur caractère à mes séjours au Japon.
Cette matinée au Sankei-en réunit plusieurs souvenirs : la beauté du jardin japonais, le petit lac, les oiseaux et la découverte de la préparation du matcha à travers les gestes de mon beau-père.
Aucun de ces éléments ne domine particulièrement les autres. C’est plutôt leur association qui fait le souvenir de cette visite.
J’ai apprécié de voir cette tradition pratiquée par un membre de ma famille, dans un cadre qui invitait à prendre son temps. C’était une manière simple et concrète de découvrir un aspect de la culture japonaise, non pas à travers une explication théorique, mais en observant quelqu’un qui préparait le thé.
C’est aussi ce que j’aime raconter sur Dogou Yokohama : des lieux, des objets et des traditions que je découvre au fil de mes séjours, mais toujours à travers une expérience personnelle.
Parfois, une matinée dans un jardin japonais suffit pour porter un regard un peu différent sur une pratique que l’on croyait connaître. Et certains souvenirs restent simplement précieux parce qu’ils ont été partagés en famille.
